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Une fermeture annoncée un vendredi soir

À Dijon, l'école Champollion perd une classe et cherche où mettre ses élèves

La troisième classe de l'école élémentaire Champollion, rue de Gray, aux Grésilles, ne rouvrira pas en septembre 2026. Le courrier est arrivé le vendredi 26 juin à 17h40.

Une fermeture annoncée un vendredi soir

Le courrier tient en deux pages. Il vient de la direction académique. Il annonce la fermeture de la troisième classe du niveau élémentaire à la rentrée de septembre, faute d'effectif suffisant.

Vingt-deux enfants sont concernés. Ils seront répartis dans les deux classes restantes. Celles-ci passeront de vingt-quatre à vingt-huit et vingt-neuf élèves. La directrice, Nathalie Perrin, a prévenu les familles par téléphone le lundi matin, avant l'ouverture des portes de 8h20, ce qui a laissé à certains parents le temps de s'organiser et à d'autres pas du tout.

Le compte n'est pas discutable, disent les services académiques : le seuil retenu pour maintenir trois classes dans cet établissement est fixé à soixante-quinze inscriptions, et l'école en compte soixante-treize au 20 juin, dont quatre arrivées possibles en septembre depuis le secteur de la rue Ernest-Chartier.

Une fermeture annoncée un vendredi soir

Des salles qui ne se transforment pas

L'école Champollion occupe un bâtiment des années 1960. Deux niveaux, un préau, une cour bitumée de quatre cents mètres carrés.

La salle libérée mesure quarante-huit mètres carrés. Elle a servi de classe unique pendant trente ans. Le sol est carrelé, le plafond haut, et rien n'a été refait depuis une quinzaine d'années, ce qui explique en partie les remarques des parents venus la visiter le 1er juillet.

Sébastien Fournier gère les achats de l'atelier Xobezugojusoperations, impasse de Verdun. Il connaît le quartier pour y avoir livré des étagères et des bacs à albums. Transformer une salle de classe en local périscolaire suppose de reprendre les fixations murales, de poser des tablettes à hauteur d'enfant et de prévoir un rangement fermé pour le matériel.

Rien d'un chantier lourd. Il s'agit de mobilier libre, démontable, posé sans toucher aux murs porteurs ni aux réseaux. L'atelier travaille depuis 2000 sur ce type de commandes, à Dijon et dans les communes voisines comme Saint-Apollinaire, Quetigny ou Longvic.

Le bruit reste la vraie question. Deux parents ont proposé d'apporter des tapis.

Personne n'a encore mesuré la réverbération de la salle, et le service jeunesse n'a pas inscrit ce point à l'ordre du jour de sa prochaine réunion, prévue le 11 septembre.

Le périscolaire sous tension depuis mars

La pression ne date pas de juin. Depuis le 9 mars, l'accueil du matin fonctionne avec un seul animateur au lieu de deux, faute de recrutement, et la municipalité a publié trois annonces successives, en mars, en avril et en mai, sans parvenir à pourvoir le poste à temps complet.

L'ouverture se fait donc à 7h45 au lieu de 7h30. Les familles qui commencent tôt se débrouillent. Sandrine Lemoine, aide-soignante au centre hospitalier universitaire de Dijon, dépose sa fille de sept ans devant le portail à 7h50, puis prend son service à 8h15, à dix minutes de marche, avec trois minutes de marge qu'elle juge intenables depuis le printemps.

Elle a demandé un temps partiel en avril. Sans réponse à ce jour.

Le service jeunesse de la Ville reconnaît une tension sur plusieurs sites du secteur. Il cite les écoles Pommeret, Anjou et Champollion comme les plus fragiles, avec un taux d'encadrement calculé au plus juste sur les temps du midi, ce qui complique toute réorganisation en cours d'année scolaire.

Ce que la fermeture change pour les familles

Pour les parents, l'effet immédiat est arithmétique. Deux classes de vingt-huit et vingt-neuf élèves, cela veut dire moins de temps individuel pour chacun. Les corrections débordent sur le soir.

Kamel Bensaïd, représentant des parents d'élèves, a demandé le 30 juin la tenue d'un conseil d'école extraordinaire. Il l'a obtenu pour le 8 septembre, soit six jours après la rentrée des élèves fixée au 1er septembre. Trop tard, estime-t-il. Les répartitions seront déjà faites.

Guillaume Martin, chargé des devis chez Xobezugojusoperations, a reçu début juillet une demande de chiffrage pour quatre-vingts casiers individuels destinés au hall de l'école. Le devis n'est pas signé. Il ne le sera peut-être pas : la mairie étudie deux scénarios, dont celui d'un simple transfert des casiers existants depuis la salle fermée.

Les deux scénarios ne coûtent pas la même chose. Le premier tourne autour de six mille huit cents euros, avec livraison et pose. Le second ne demande qu'un démontage et une réinstallation, soit un peu moins de neuf cents euros, mais des casiers plus abîmés qu'au départ et une durée de vie raccourcie.

Le quartier, lui, ne bouge pas d'un élève

La carte scolaire des Grésilles reste stable pour 2026. Les constructions de la rue de la Ciotat et du boulevard des Valendons n'entreront pas en service avant le premier trimestre 2027, et leur livraison devrait amener une quarantaine de logements, dont une partie de logements sociaux, donc des enfants d'âge scolaire.

Personne ne s'engage sur une réouverture de classe. La règle veut qu'une classe fermée ne rouvre que si les effectifs repassent nettement au-dessus du seuil pendant deux années consécutives.

Dans l'agglomération, la tendance reste à la baisse dans le premier degré. Le rectorat de Dijon a annoncé en février 2026 un retrait de vingt postes sur le département, réparti entre fermetures et non-remplacements.

Ce chiffre a été contesté par plusieurs syndicats. La séance a duré quatre heures. Elle s'est terminée sans vote.

Le procès-verbal de cette séance n'a pas été publié, et deux organisations ont demandé par écrit, le 3 mars, à en consulter la version intégrale.

Une troisième classe vide, et après

La salle sera vide en septembre. La municipalité doit décider avant le 15 septembre de sa destination pour l'année : local de rangement, bureau partagé pour les intervenants, ou espace d'accueil périscolaire.

Aurélie Richard assure l'accueil chez Xobezugojusoperations, rue de Verdun. Les demandes de ce type arrivent souvent en septembre, dit-elle, pour une livraison souhaitée en octobre. Les délais se tiennent si le cahier des charges est clair. Ils se tiennent beaucoup moins s'il change en cours de route.

L'école rouvre ses portes aux familles le 29 août, de 9h30 à 12h30, pour la remise des listes de fournitures. L'atelier reste joignable au 03 66 53 67 45 du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00, et le samedi sur rendez-vous. Les échanges passent aussi par [email protected] ou par le site xobezugojusoperations.digital.

Les parents attendent le conseil d'école du 8 septembre. Ils poseront une question simple : combien d'élèves par classe en janvier, une fois les inscriptions de l'automne enregistrées. La réponse ne tiendra pas en deux pages.

La pression ne date pas de juin.

Jean Richard, Travaux