Mme Chevallier, rue des Perrières
Anne Chevallier habite un appartement du quartier des Perrières, à deux pas du parc de la Colombière. Elle est arrivée un mardi de novembre avec trois planches de chêne récupérées chez un menuisier de Longvic et une idée précise : une bibliothèque de 1,86 m de haut, 74 cm de large, qui s'encastre entre sa cheminée et le mur de refend, avec une cote prise au millimètre parce qu'un meuble trop large ne rentrerait pas et qu'un meuble trop étroit laisserait un jour disgracieux au-dessus du radiateur. Une cote mal prise, et le meuble ne rentrerait pas.
Aurélie Richard a noté les mesures. Sébastien Fournier a choisi un chêne de pays séché à 9 % d'humidité. Jean Richard a assemblé l'ensemble en trois semaines, avec des chevilles et de la colle, sans une vis apparente.
Le devis, signé par Guillaume Martin, tenait sur une page : 1 340 euros TTC, livraison comprise dans le quartier. Ce type de projet convient à qui veut un meuble qui se déplace avec lui, qui se démonte et se remonte. Il ne convient pas à qui cherche une bibliothèque sur mesure vissée dans les murs, car nous ne touchons ni aux cloisons, ni aux solives, ni à la maçonnerie.
Le club d'échecs de la place Darcy
Le Cercle d'échecs du Grand Dijon occupe une salle prêtée au 2e étage, place Darcy, et il range tout contre le mur après chaque tournoi. En janvier, ses bénévoles ont commandé douze tables pliantes et deux présentoirs à revues, assez légers pour être portés par une seule personne et assez stables pour qu'un pion ne glisse pas pendant une partie longue, avec des plateaux de 62 cm sur 62 cm et des pieds en hêtre. Le cahier des charges tenait sur une feuille manuscrite.
Nous avons livré en avril, pour 2 415 euros TTC. Le bois vient d'une scierie de Gevrey-Chambertin. Les charnières ont été posées à l'atelier.
Chaque table pèse 11,4 kg. Les bénévoles les montent eux-mêmes en deux minutes, sans outil. Ce genre de commande, répétitive et sans fioriture, correspond bien à notre façon de travailler. Le club a demandé un jour si nous pouvions aussi réparer les chaises métalliques de la salle. Nous avons refusé net. Nous travaillons le bois, pas la tôle, et nous ne soudons pas.
Ce que nous refusons, et pourquoi
Il faut le dire clairement, parce que cela évite des déplacements inutiles. Nous n'intervenons ni sur les véhicules, ni sur les circuits électriques raccordés au réseau, ni sur les installations frigorifiques, ni sur le gros œuvre. Une caravane à rénover, un compteur à déplacer, une chambre froide à réparer : ce n'est pas notre métier, et nous ne ferons pas semblant du contraire, même si la demande est polie et le budget clair.
Nous ne posons pas non plus de produits phytosanitaires ni de biocides, même pour traiter des charpentes anciennes. Si des insectes ont attaqué une poutre, il faut un spécialiste du traitement, pas un menuisier. Nous n'assurons aucun service médical, financier, juridique ou de formation, malgré les courriels que nous recevons parfois.
Notre statut est simple : Xobezugojusoperations EURL. Nous n'adhérons à aucun organisme professionnel et nous n'affichons ni numéro de TVA ni numéro de registre. Ce n'est pas une cachotterie, c'est notre réalité administrative.
Qui, alors, est fait pour nous ? Des particuliers qui ont un projet de meuble précis, des associations qui ont besoin de rangements solides, des clients qui acceptent un délai de trois à six semaines et un devis écrit avant toute coupe, ainsi que des gens qui préfèrent un contretemps annoncé à une promesse tenue à moitié. Nous travaillons sur rendez-vous le samedi, du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00. Le numéro est le 03 66 53 67 45, l'adresse électronique [email protected], et le site xobezugojusoperations.digital.
Nous ne promettons ni résultat, ni revenu, ni place dans un atelier. Nous ne garantissons pas deux ans un service : cette règle concerne les biens, pas les prestations.
Un dernier cas, pour finir. Un restaurateur de la rue Berbisey voulait six tables et huit chaises pour une terrasse couverte. Les tables, oui. Les chaises métalliques, non. Il a commandé les tables, 3 780 euros TTC, et a trouvé ses chaises ailleurs. C'est très bien ainsi : mieux vaut un non franc qu'un oui approximatif.
Deux adresses qui reviennent souvent
À Talant, une maison des années 1930 abrite une association de généalogie dont les bénévoles ont fait réaliser neuf classeurs suspendus et une échelle de bibliothèque en frêne, livrés en février pour 1 090 euros TTC. À Chenôve, un couple a demandé un lit deux places en pin massif, 2 260 euros TTC, sans sommier ni matelas. Ces projets tiennent debout et nous les prenons.
Nous ne travaillons jamais sur le bâti. Pas de plancher à reprendre. Pas de fenêtre à poser. Pas d'escalier à ancrer dans un mur.
Un meuble libre, oui. Un chantier de rénovation, non.